
L’arrivée de la délégation de cyclistes au Québec s’est faite sans grand tapage. Pas par le port de la capitale nationale, ni par la grande métropole. Ni par le pont de la Rivière des Outaouais – la Ottawa River pour les Anglos. Plutôt par la porte arrière; par le bois abitibien en fait. Avec un petit écriteau sur le bord de la
117 : Bienvenue au Québec. Accueil plutôt réservé s’il en est un; mais c’était sans savoir ce qui attendait les cyclistes à Rouyn-Noranda.
Car dès l'arrivée, un responsable du Groupe Vélos Rouyn-Noranda, Paul-Marcel Bisson, accueillait les cyclistes avec des biscuits, de la Taïga, bière locale, mais surtout avec un enthousiasme chaleureux et contagieux. Et un aréna vide et frais où dormir. Et un lac où se baigner tout l’après-midi, sous le soleil chaud de mai; mais bon, pour le lac, ça transcende Paul-Émile, donc on oublie ça.
Le lendemain matin, accompagné d’un cortège de policiers, de motocyclistes barrant les intersections et de voitures des médias, Paul-Émile menait les 29 cyclistes à travers les rues du centre-ville – merci, parce que les rues de Rouyn ne sont pas l’aboutissant d’une urbanisation planifiée. Dix kilomètres plus loin, des élus municipaux attendaient la délégation devant l’Hôtel de Ville, où discours furent prononcés et échange de drapeaux effectués. Jour de plaine flottait même dans le parc à la fin de la cérémonie, amenant cyclistes et bénévoles à se prendre par les épaules, portés par la musique. Moment émotif et touchant pour plusieurs. Sont-ce l’accueil, la fatigue, un certain sentiment d’accomplissement ou l’aboutissement de la mission approchant qui ont amené les cyclistes dans une telle effervescence? Probablement tous ces facteurs, en fait. Néanmoins, on sentait que la sincérité avec laquelle les Rouynorandiens présents sur place accueillaient la délégation, et aussi l’engouement avec lequel ils ont démontré leur support à la mission, ont particulièrement ému les cyclistes. Bertrand Boucher, directeur des communications à la ville, dans son allocution, y est d’ailleurs allé d’un hommage vibrant aux rouleurs : « On sent que le français perd de la vitesse. C’est courageux de votre part de traverser une partie du Canada pour la cause ! » Pas surprenant que Yan Dallaire, initiateur du périple, y soit allé d’un Wow bien senti en prenant le micro!
Et la route de l’Abitibi, elle est comment, que vous vous demandez ? Un peu raboteuse, mais elle est construite sur des gisements d’or; quand tu roules sur l’or, tu ne te plains guère, n'est-ce pas?
Et les cyclistes, eux, comment ils vont, que vous vous demandez ? J’en ai surpris quelques-uns, ce matin, lâcher « petite journée aujourd’hui; que 108 kilomètres ! » Ça dit tout.