« C’est comme la petite séduction, c’est awesome. » Voilà la première réaction d’un des cyclistes après avoir posé le pied à Sainte-Anne, où un groupe de jeunes élèves attendaient la délégation pour témoigner de leur appui au périple. J’ai ri sur le coup, mais en y pensant bien, le cycliste n’avait pas tort; en effet, c’est comme la petite séduction – émission télévisée où des citoyens de villages québécois tentent de séduire une vedette leur rendant visite –, mais inversée. Je m’explique.
Les cyclistes, drapeau bien haut, parcourront ces 16 prochains jours nombre de villages du Manitoba, d’Ontario et du Québec. Certains de ces villages leur feront même l’honneur de les accueillir dans des écoles ou centres communautaires. Le but de la délégation, comme vous le savez : montrer que la communauté franco-manitobaine se tient, a une identité propre, est en santé, etc. Et éventuellement se mettre en shape, comme ils disent, mais ce n’est pas où je veux en venir.
Là où je veux en venir, c’est que comme dans l’émission télévisée, ils veulent en quelque sorte séduire les communautés, les charmer. Seule différence, ils sont en mission mobile; au lieu d’accueillir une vedette à Saint-Boniface – dans un contexte contrôlé, avec des activités tournées au quart de tour, un animateur de foule, la possibilité de reprendre les prises de vue –, ils se déplacent avec leur vélo et un drapeau, tentant de rallier non pas une mais des centaines de personnes à leur cause. Vrai, ils ont une équipe de soutien qui leur apporte nourriture et breuvages. Néanmoins, leur mission reste aussi ardue et bien plus imprévisible. Réussiront-ils à charmer les citoyens de chaque village rencontré à venir festoyer au Festival du Voyageur ? Évidemment pas. Mais une chose est certaine, ils réussiront probablement à donner à chacun une idée du drapeau; à leur donner quelque connaissance sur la cause française au Manitoba. De sorte que plusieurs villages ignorant présentement la signification de l’étendard – ou même l’existence d’une communauté francophone au cœur de la Prairie – seront mis devant le fait accompli chez eux, dans leur village, dans leur rue. Pas de faux, pas de réalisateurs, ni de discours préparés. 28 cyclistes, un drapeau, et quelques bénévoles. En fin de comte, ce n’est pas qu’une petite séduction inversée. Ce qu’ils font, avec l’arrivée au Parlement – et toute la signification derrière -, on appelle ça une Grande séduction.
samedi 15 mai 2010
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