La Liberté sur la route

Bienvenue sur le blogue de notre journaliste dépêché avec les cyclistes d'À vélo pour mon drapeau

samedi 22 mai 2010

Avec ou sans casque

Je ne sais pas si la tragédie – trois cyclistes morts, happés par une camionnette – qui s’est déroulée au Québec il y a une semaine a fait écho jusqu’au Manitoba. Ici, les cyclistes en ont peu parlé. Mais le concept de sécurité entourant le fait de rouler à vélo sur la transcanadienne fait souvent surface dans leurs conversations.

Et avec raison : partager la route avec des mastodontes de plusieurs tonnes roulant à 100 à l’heure aurait de quoi faire frémir les plus téméraires; avec ou sans casque, le cycliste ne fait pas le poids.

Cela fait une semaine que les cyclistes roulent et plusieurs fois en avons-nous entendu un avouer avoir certaines craintes après qu’un véhicule l’eut frôlé. Car si la très grande majorité des automobilistes sont courtois et se décalent dans l’autre voie lorsqu’ils passent les groupes, une minorité, avide de sensation forte où insouciante, se met au défi d’effleurer les cuisses gonflées des rouleurs.

Plus encore, la condition de la chaussée oblige souvent les cyclistes à rouler dans la voie, la route 11 n’ayant pas d’accotements à plusieurs endroits. Et avec les passages tortueux, une simple distraction peut devenir fatale.

Quel est donc le remède? Bannir les vélos des grandes routes, comme cela se fait au Québec avec la transcanadienne? Cela est réalisable, à condition qu’une voie alternative soit accessible aux cyclistes. Ce qui n’est évidemment pas le cas pour la transcanadienne, du moins pas dans le Nord ontarien. Instaurer des accotements de plusieurs pieds de chaque côté de la route? Peut-être, mais somme-nous prêts à en assumer les coûts ?

Un député du NPD ontarien a proposé un article de loi à la législature ontarienne plus tôt cette semaine : obliger les automobilistes à garder plus de trois pieds entre leur voiture et les cyclistes lorsqu’ils dépassent ces derniers sur la route – et jusqu’à 5 pieds sur les autoroutes. En application dans plusieurs pays européens de même que dans quelques États américains, elle vise évidemment à améliorer le bilan routier de la province, où 80 cyclistes sont admis quotidiennement à l’urgence pour des blessures diverses. Cependant, une telle loi serait problématique vu l’impossibilité pour le policier de mesurer précisément la distance; ipso facto, elle deviendrait facilement contestable par les automobilistes.

La voie à prendre est peut-être alors celle de la conscientisation, même si elle est longue et sinueuse. Car la situation n’est pas généralisée, loin de là. Mais la vulnérabilité des rouleurs est telle que le problème exige une réflexion.

1 commentaire:

  1. Cette triste nouvelle ne nous a pas laissé indifférents... J'ai été particulièrement touché par le fait que le Tour de silence organisé à Sainte-Foy, en hommage aux cyclistes, ait mobilisé trois fois plus de personnes que prévues. Charest a raison, selon moi, de dire qu'il existe encore un vrai "problème de culture sur les routes" en ce qui a trait à la coexistence des cyclistes et des automobilistes.
    Une réalité qui se ressent, hélas, tant au centre-ville de Winnipeg que sur les routes du Québec.
    Soyez prudents, les amis... on pense à vous!

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